POUR LE MAINTIEN D’UN SERVICE PUBLIC DE QUALITE

Le service public de l'électricité est un bien précieux dont la qualité n'est jamais définitivement acquise. C'est ce que vient opportunément de rappeler la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) en publiant récemment son Livre Blanc sur la gestion des services publics locaux de l'électricité.
Le modèle de service public d'électricité à la française, porté par les collectivités territoriales et l'opérateur national ERDF, avait prouvé son efficacité dans le contexte évolutif de ces dernières décennies.
Or, on observe actuellement qu'un impératif de rentabilité croissante du concessionnaire, qui s'est traduit par une baisse drastique de ses investissements nationaux dans les réseaux de distribution depuis 1995, conduit à une nette dégradation de la qualité de l'électricité distribuée aujourd'hui. Hausse du temps moyen annuel de coupure par abonné, chutes de tension, microcoupures... c'est le constat alarmant d'une véritable fracture électrique territoriale qu'ont dressé au niveau régional les syndicats départementaux d'énergies, et que relaye maintenant la FNCCR au niveau national.
La péréquation, clé de voûte du service public de l'électricité, est devenue une illusion. Certes, dans le cadre du tarif "régulé", tous les Français paient encore le même prix du kilowattheure. Mais, à ce prix, ce n'est plus le même kilowattheure qu'ils achètent. Le kilowattheure de qualité, on le trouve facilement à Lyon. On le cherche toujours à Larajasse, Cublize ou du côté de Poule-les-Echarmeaux...
Le SYDER fait de l'investissement en matière de renforcements des réseaux une priorité absolue, et y consacre chaque année des programmes importants. Mais l'entretien des lignes est de la responsabilité pleine et entière du concessionnaire ERDF, et la vétusté de certains réseaux est une réalité quotidiennement constatée par les maires et quotidiennement subie par leurs administrés usagers du service public.
Faut-il se résigner ? A l'évidence, non. Les scénarios proposés par le Livre Blanc soulignent l'importance fondamentale d'un renforcement des prérogatives des autorités concédantes que sont les syndicats d'énergies, en particulier pour contrôler l'activité et les choix d'investissement du concessionnaire ERDF, voire pour se substituer à lui à ses frais en cas de carence dans la réalisation des travaux nécessaires au maintien de la qualité de desserte.
Le service public de l'électricité, basé sur un monopole confié à ERDF, a permis de construire un système français exemplaire, mais dont la qualité s'est fortement dégradée au cours de ces dernières années. Ce constat étant fait, notre responsabilité est de reprendre en main une situation dans laquelle "monopole" se conjugue de plus en plus souvent avec "abus de monopole".
Paul VIDAL
Président du SYDER
Maire de Toussieu
Mis en ligne le 15.12.2011